Des financements sans intérêts allant jusqu’à 25.000 dinars
Un décret récemment publié au Journal officiel prévoit l’octroi de financements sur l'honneur sans intérêts, destinés aux porteurs de petits projets, aux petites et moyennes entreprises ainsi qu’aux particuliers, avec des montants allant de 5.000 à 25.000 dinars.
Dans une déclaration au programme « Ahla Sbeh », jeudi 30 juillet 2026, le conseiller bancaire Sofiane Lourimi a expliqué que les dispositions du décret n°148 de l’année 2026 ne constituent pas une nouveauté, mais interviennent en application de la loi n°41 de 2024 portant modification de la législation relative aux chèques bancaires. Cette loi impose aux banques de consacrer 8 % de leurs bénéfices à l’octroi de crédits sans intérêts et sans garanties supplémentaires.
Quatre catégories concernées
Sofiane Lourimi a précisé que ces financements sans intérêts concernent quatre catégories : les porteurs de petits projets dont les investissements ne dépassent pas 150.000 dinars, les petites et moyennes entreprises dont les investissements sont compris entre 150.000 dinars et 15 millions de dinars, les sociétés communautaires conformément à leur législation spécifique, ainsi que les particuliers.
Plafonds des financements
Le décret fixe un plafond selon chaque catégorie. Pour les particuliers, le montant du financement ne peut pas dépasser 5.000 dinars. Il est plafonné à 10.000 dinars pour les projets dont les investissements ne dépassent pas 150.000 dinars, et à 25.000 dinars pour les PME et les sociétés communautaires.
Conditions d’octroi
Concernant les conditions, le conseiller bancaire a indiqué que la loi et le décret prévoient notamment la prise en compte de l’ancienneté des demandes tout en respectant le principe d’égalité entre les bénéficiaires.
Il a toutefois souligné que les modalités d’application concrète de ce principe d’égalité restent à préciser.
Le décret prévoit également une durée de remboursement ne dépassant pas deux ans, avec une période de grâce pouvant aller jusqu’à six mois.
Les demandes de financement peuvent être déposées depuis la publication du décret au Journal officiel, soit à partir du 24 juillet 2026.
Demande écrite obligatoire
Sofiane Lourimi a insisté sur la nécessité pour le demandeur, qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’un particulier, de présenter une demande écrite à la banque. L’établissement financier doit répondre dans un délai maximal de 10 jours et, en cas de refus, celui-ci doit être motivé.
Il a précisé que les banques ont le droit d’évaluer la capacité de remboursement du demandeur, c’est-à-dire les garanties suffisantes pour restituer les fonds, tout en soulignant qu’il ne s’agit pas de garanties matérielles.
Ce financement est remboursable sans intérêts ni commissions d’étude de dossier.
Le conseiller bancaire a enfin indiqué que toutes les banques, y compris les banques islamiques, sont concernées par ce dispositif, à l’exception des établissements soumis à des règles spécifiques dans leurs textes de création, comme la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME) ou la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS).